Du bordereau de fret au tapis de feutre
Quatre-vingts ans d'écritures, de sacs et de chariots, trente ans de volets clos, puis deux ans de travaux : voilà tout le curriculum de la maison.
Ce que nous avons trouvé sous le plâtre

Derrière les cloisons, il restait la charpente métallique d'origine, deux tirants boulonnés et un mur de brique qu'un enduit gris cachait depuis les années soixante-dix. Nous avons tout laissé visible.
L'ancienne réserve à sacs, en fond de cour, n'avait plus de toiture. Elle a reçu une couverture neuve, une voûte reconstituée à l'identique et six lampes basses : c'est devenu l'espace jeux.
Le reste a suivi sans grand geste : une cuisine ouverte de sept mètres, un comptoir posé sur le socle de la bascule à sacs, et quarante-deux couverts, chiffre au-delà duquel la salle devient trop sonore.
Cinq personnes
L'équipe entière, cuisine et salle réunies.
Quarante-deux couverts
La capacité de la salle, sur deux services.
Six tapis
La réserve, à l'arrière, avec son propre rythme.
Quatre choses qui ne se négocient pas
Ici le jeu ne rapporte rien et ne coûte rien : pas d'enjeu, pas de gain, pas d'ardoise entre joueurs.
La carte suit la marée, jamais l'inverse : si le poisson n'est pas beau, le plat disparaît de l'ardoise.
La salle appartient à ceux qui parlent doucement ; nous préférons refuser du monde plutôt que crier pour se comprendre.
Personne ne reprend le volant après une soirée arrosée sans qu'un taxi ait été proposé, et payé si besoin.